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Faust IV

The Faust Tapes

71 Minutes

Faust

Ravvivando
FAUST

Faust est aujourd'hui considéré - et encore pour longtemps, je crois - comme le groupe le plus important et le plus innovant des formations reconnues de la scène rock allemande du début des années '70. Son histoire commence par un défi. Le chroniqueur musical Uwe Nettelbeck engage une forte somme d'argent pour financer un enregistrement dont le précepte sera de "faire époque". Il s'adjoint les services de la maison "Polydor" pour former et produire un groupe d'exception. Faust voit ainsi le jour en 1971. Cinq musiciens répondent à ce challenge : Rudolf Sossna (guitare, claviers), Hans-Joachim Irmler (orgue), Gunter Wüsthoff (sax, synthétiser), Jean-Hervé Peron (Bass) et Arnulf Meifert (percussions). Meifert quitte le groupe juste avant l'enregistrement des premières compositions destinées à être immortalisées sur album. Il est remplacé par Richard Diermayer.

Une salle d'école abandonnée près de Wümme (aux alentours d'Hamburg) est convertie en studio. Pendant plusieurs mois, Faust répète inlassablement son répertoire avant-gardiste dans l'optique de le présenter en concert. C'est au Music Hall d'Hamburg en septembre 1971 qu'a lieu la première prestation publique de Faust. Le concert enregistré à Wümme le 21 du même mois est retenu pour être gravé sur vinyle. Réduit à 20 minutes et intitulé "Miss Fortune", il fait l'objet d'une "manipulation" studio par le biais du "cut and paste". Très prisée à l'époque, cette technique était un moyen d'expression à part entière qu'utilisaient tout naturellement et fréquemment les "Can", "Beatles" ou autres "Frank Zappa".

Le premier album de Faust se démarque par ses collages sinistres et bizarres. L'orgue, instrument omniprésent, monte graduellement jusqu'à atteindre des sommets audacieux. Une pièce musicale démentielle fonctionne telle une charade qui nous rappelle les cauchemars favoris de "Syd Barret". On y découvre également des chants humoristiques construits à partir de voix traitées en studio. La seconde face de l'album accueille "Miss Fortune". Son climat procède d'un savant mélange entre le "Velvet Underground" et "Pink Floyd". Si l'album est singulier, déroutant, à la limite de l'incompréhensible, il n'a rien d'une plaisanterie insensée. Il est, au contraire, minutieusement construit et reste surtout un grand et unique album.

Le second témoignage vinylographique de Faust, à savoir "Far", a pratiquement le même caractère que le premier tout en étant plus provocant. La grande différence réside cependant dans le souci du groupe de parfaire leur style musical. Les rythmes cauchemardesques, les pastiches du jazz et de la musique populaire, les guitares dérangeantes sont le prolongement du premier album.

En octobre 1972, Faust enregistre en collaboration avec le compositeur minimaliste américain Tony Conrad. Ce dernier a aussi participé aux expériences du "Velvet Underground" et de "La Monte Young ". La maison de disques "Virgin" enregistre leur effort commun en 1973. "Outside The Dream Syndicate" contient deux longues pièces musicales véritablement avant-gardistes. Bien que réduite à sa plus simple expression, l'atmosphère rock est efficace à souhait.

"Faust Tapes", comme son nom l'indique, est une collection d'enregistrements réalisés entre 1971 et 1973. Vendu comme un single, "Faust Tapes" remporte un franc succès en Angleterre et entre même dans les charts. Mais ne vous méprenez pas, beaucoup d'acheteurs retournent leur album au disquaire après une première écoute. Les inconditionnels du rock allemand expérimental considèrent pourtant cette compilation comme le meilleur album de Faust.

L'album suivant, "Faust IV", a été enregistré au manoir d'Oxfordshire, en Angleterre, en juin 1973, avant que Faust retourne en Allemagne. Un peu différent, nettement plus accessible, il contient des plages comme " Jennifer " et " Krautrock " qui montrent les qualités inventives du groupe. En désaccord avec sa future direction artistique, Faust s'éteint peu à peu. De temps à autre, les musiciens se retrouvent, font une tournée, revisitent leur répertoire, proposent un nouvel album avant de se séparer à nouveau jusqu'à la prochaine fois.

Faust existe donc encore bel et bien et continue à nous offrir sa musique unique et déroutante. A l'amateur d'en découvrir le langage.

 

Faust, CD
"Freispiel"
A Tribute to ...
2002
avec, entre autres,
The Residents
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