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FICHES

 

 


S.F. Sorrow
1968
THE PRETTY THINGS

Fondé en 1963, The Pretty Things est apprécié en début de carrière pour son "rhythm and blues" de base. Il s'affirme par la suite avec une musique plus ouvragée, appuyée par des textes de temps à autre conceptualisés. S.F. Sorrow, album sorti en 1968, est considéré comme l'un des premiers "opéras rock" ou "albums concept".

Dick Taylor tenait la basse au sein des Rolling Stones. En 1962, il quitte le groupe mais, poussé par son ami Phil May, ne tarde pas à remonter un groupe de blues. The Pretty Things tire son nom d'une chanson de Bo Diddley : Pretty Thing. Le groupe joue dans les petites salles et les clubs londoniens. Fontana Records, séduit par la formation, lui fait changer de batteur et propose Viv Prince. Des singles, comme Rosalyn, et des Ep, comme Midnight to Six Man, se succèdent et le succès commercial suit tout aussi régulièrement.

Les "Pretty Things" commencent alors à écrire et composer leurs propres chansons, plutôt rock, mais toujours inspirées par le rhythm and blues. Et là, malheureusement, les ventes ne décollent plus. Get The Picture, le second album du groupe sorti en 1965, passe complètement inaperçu. De plus, nos artistes s'enfoncent dans des frasques et élucubrations diverses qui portent un coup quasi fatal à la formation.

Avec une refonte totale du personnel, le groupe se retrouve en studio. Nous sommes en 1967. Emotions, le troisième album du groupe est produit, mais ne se vend pas. Le label Fontana arrête les frais. Le groupe signe chez EMI. 1967, c'est aussi l'époque du Flower-Power, et les "Pretty Things" s'orientent vers le psychédélisme. Dans les studios de Abbey Road, ils enregistrent le premier véritable opéra-rock, S. F. Sorrow. L'album souffre des mésaventures de la post-production et sort finalement après le "Tommy" des Who. Bien que le public croit inflexiblement que les "Pretty Things" ont copié les Who, Pete Townshend avouera s'être inspiré pour sa propre musique de la leur.

Les "Pretty Things" enregistent Parachute en 1970, cette fois-ci sans Dick Taylor. Il est remplacé par Vic Unitt, ex-Edgar Broughton Band. Elu meilleur album de l'année par le magazine américain "Rolling Stone", il reste malgré tout dans les bacs des disquaires. Dans le même temps, le groupe se lance dans la musique de films et de séries avec satisfaction. Il enregistre également un album pour le millionnaire français Philippe DeBarge. L'album ne sortira qu'en ... 2009, après avoir fait l'objet de nombreux bootlegs.

Malchanceux commercialement parlant, les "Pretty Things" se séparent une première fois en 1971. Ils se reforment sur l'insistance de leur nouveau manager Bill Shepherd et signent chez Warner. L'album Freeway Madness sort en 1972. Grand admirateur du groupe, David Bowie lui rend hommage en reprenant les deux premiers succès des Pretty Things, Rosalyn et Don't Bring Me Down, sur son album de reprises Pin Ups.

En 1974, The Pretty Things signe sous le label Swan Song, fondé par Led Zeppelin, avec le manager Peter Grant. La nouvelle formation, composée de May, Povey, Alan, Tolson, Gordon Edwards et Jack Green, enregistre deux albums, Silk Torpedo en 1974 et Savage Eye en 1975, qui se classent moyennement. Le groupe se sépare à nouveau.

Reformé en 1978, The Pretty Things enregistre en 1980 Cross Talk, un album fortement influencé par les musiques Punk et New Wave, sans aucun enthousiasme de la part du public.

Toujours pas découragé, The Pretty Things continue à se produire en concert. Avec des musiciens toujours prêts à les soutenir, Phil May et Dick Taylor peuvent sortir les albums Live at the Heartbreak Hotel (1984) et Out of the Island (1988).

Phil May et Dick Taylor s'embarquent en 1990 dans une grande tournée européenne pour mettre en valeur les chansons de leurs débuts. Ils enregistrent deux albums avec l'ancien batteur des Yardbirds, Jim McCarty, sous le nom de « The Pretty Things / Yardbirds Blues Band », ainsi qu'un album hommage au garage rock, A Whiter Shade of Dirty Water, avec Matthew Fisher de Procol Harum, sous le nom de « The Pretty Things 'n Mates ».

The Pretty Things, accompagné du guitariste Frank Holland, enregistre en 1998 une version live de S.F. Sorrow, avec les participations, et non des moindres, d'Arthur Brown et de David Gilmour, vieil ami du groupe. L'album Rage Before Beauty, en préparation depuis 1980, sort finalement en 1999. L'album suivant, Balboa Island, sort lui en 2007. Le groupe persiste à donner des concerts en Europe et aux États-Unis pour notre plus grand plaisir tant le groupe est talentueux malgré sa mauvaise "fortune" inexplicable, curieuse.


Les "Pretty Things" étaient réputés pour les fêtes anticonformistes et des plus délirantes qu'ils organisaient dans leur résidence londonienne, au 13 Chester Street, située juste à l'arrière des jardins de Buckingham Palace. Brian Jones y a également vécu pendant un certain temps. "13 Chester Street" est aussi une chanson interprétée par les Pretty Things et imprimée sur leur premier album éponyme sorti en 1965.


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